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Quelles clés pour les jeunes en médecine générale : le sentiment des plus anciens

samedi 14 avril 2018

Au détour de rencontres et d’échanges avec des médecins généralistes dans divers territoires et lors des récents congrès, leur sentiment quand aux facteurs de réussite pour la jeune génération est somme toute assez clair : pour motiver les jeunes, il faut envisager l’exercice sous divers aspects auquel nul enseignement universitaire ne prépare. Quelques conseils à leurs potentiels successeurs, regroupés sous la forme d’une grille de lecture, le collectif étant à l’honneur.

Quels ingrédients ?

Par ordre de priorité

  • Avoir un projet de santé

    Le projet de santé correspond de façon globale aux actions de santé publique énumérées dans le référentiel des MSP. Il s’agit, pour un nombre critique (minimal) de professionnels de soins primaires, de l’ensemble des actions telles que l’ETP, les protocoles de coopération, les réunions de concertations pluridisciplinaires, les réunions de formation thématiques, les actions de prévention, développées à partir de priorités identifiées dans le territoire d’exercice.
  • Être en nombre suffisant de professionnels

    Les jeunes médecins ne sont pas forcément attirés par la présence de médecins aguerris de plus de 50 ans, et la crainte des départs à la retraite peut jouer comme un frein. En revanche, un nombre minimal de médecins généralistes joue comme un facteur d’attrait majeur. Il s’agit de mieux gérer les flux de patients en tenant compte des temps partiels des uns et des autres, ainsi que des congés. Il est ainsi capital d’avoir une grande diversité dans les âges, afin de gérer les mobilités des médecins (retraite, déménagement, grossesse, congé parental, …).
  • Disposer de place de stage en médecine générale et de l’accompagnement par un maître de stage

    Les jeunes médecins ont bien plus de facilité à s’installer quand ils ont étudié au sein d’une organisation.
  • Avoir un support pour la pratique quotidienne
    Les jeunes médecins sont motivés par un support pour la gestion des situations de patients poly-pathologiques ou complexes : réunions régulières entre acteurs, présence d’IDE Asalée, actions de prévention secondaire, protocoles interprofessionnels, réseaux d’acteurs développés avec les secteurs social, de la santé mentale, et des personnes âgées (les trois principales difficultés en médecine générale).
  • Faciliter l’exercice à temps partiel
  • Construire un lieu de travail convivial, moderne, accessible

Points de vigilance pour réussir un projet collectif

  • Attirer des professionnels déjà formés aux dynamiques de coopération interprofessionnelle, et disposant d’une culture forte en la matière, en plus d’une volonté de travailler ensemble sur le terrain
  • Accompagner la mise en place d’un temps de coordonnateur du projet de santé, au moins à mi-temps et sur place

    C’est ce coordonnateur, et non la structure qui accompagne l’émergence du projet, qui va permettre de travailler de manière fine sur le territoire, afin de développer :
    - le projet de santé
    - les réseaux d’acteurs, grâce à un travail de terrain

    - les coopérations interdisciplinaires, notamment pour apporter un soutien aux médecins en marge des consultations et au domicile des patients
  • Recruter des paramédicaux mûrs pour s’engager dans une dynamique collective, au sens de développer des actions de santé publique qui ont une efficacité sur la santé des patients et apportent un bénéfice pour leur pratique


Développer un projet de santé

  • Réunion de coordination territoriale intersectorielle, sanitaire et sociale, au service du médecin généraliste, ou de l’équipe de soins primaires
    Il s’agit de réaliser des temps de concertation autour de situations complexes, selon le concept d’analyses de cas, entre les équipes de soins primaires, les travailleurs sociaux de ville et du Conseil Départemental, les MAIA, les CLIC, les CCAS, et les réseaux de santé. Grâce à ce travail collectif, les médecins traitants apprennent à connaître ceux à qui se référer (compétences, méthodes, services) et réciproquement. Ces réunions de concertation interprofessionnelles et intersectorielles peuvent être réalisées avec les budgets des missions de santé publique.
  • Mise en œuvre de parcours de santé spécifiques
    Un collectif territorial d’acteurs autour du médecin traitant doit travailler à préciser les modalités de parcours de santé et de vie dans des situations spécifiques, avec le soutien des dispositifs d’appui et des acteurs institutionnels concernés : enfants en situation d’obésité, personnes en grande précarité, personnes présentant un handicap sévère, …
  • Réunions thématiques entre équipes de soins coordonnées
    Ces réunions concernent des équipes déjà en place et des équipes en cours de constitution. Elles permettent de mettre en place un collectif et à terme forment le terreau d’une CPTS.

Enjeux

  • Produire du collectif par la construction d’organisation intersectorielle grâce à un travail sur les pratiques professionnelles.
    Ces actions sont mises en œuvre en différents sites du territoire, pour différents parcours et avec différents acteurs, grâce à différents financements divers. Ces actions peuvent être financées par le FAF, le DPC, ou des missions de santé publique.

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